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Lettres nigérianes

Décodage

Le principe consiste à prendre contact avec des personnes ou des sociétés établies en Belgique (par exemple) afin de demander leur assistance pour sortir des capitaux (d'origine "honnête" mais bloqués par une réglementation de change tatillonne) du pays d'origine en établissant de fausses factures et en encaissant le montant desdites factures sur des comptes bancaires en Belgique. En échange, une commission très importante sur les sommes sorties du pays d'origine est promise. Les personnes qui acceptent se voient demander d'avancer certains frais.

Le consommateur reçoit ainsi un courrier électronique de la part du seul descendant d'un riche africain décédé il y a peu, généralement un bureaucrate de haut rang ou le parent d'un dictateur déposé. Ce dernier a déposé plusieurs millions de dollars dans une compagnie financière sûre et l'interlocuteur a besoin d'un associé à l'étranger pour l'aider à transférer les fonds. Il est d'ailleurs prêt à reverser un pourcentage non négligeable si le consommateur accepte de lui fournir un compte pour faire transiter les fonds.

Différentes variantes existent comme:

  • Clémence Bare, veuve de l'ex-président de la république du Niger, Côte d'Ivoire, 20 % de 38 M$
  • Eric Biara, fils unique, 24 ans, d'un très riche négociant en cacao, d'Abidjan, Côte d'Ivoire, 15 % de 8,5 M$
  • Miss Lizy Kamara, fille d'un directeur financier d'une mine de diamants de Sierra-Leone, réfugiée en Côte d'Ivoire, 15 % de 16 M$
  • Mrs. Ann Ken-SaroWiwa, fille d'un poète d'une minorité nigériane (les Ogoni), pendu par le gouvernement, Nigeria, 15 % de 16 M$
  • M. Abu Timi, ex-directeur au ministère des mines et des ressources naturelles au Sierra-Leone, exilé à Lomé au Togo. , 25 % de 21,5 M$
  • Emmanuel Ojo ou Ben Uyiosa, agents du Federal Government Contract Review Panel, Nigeria,20 % de 26,4 M$
  • Mrs. Felicia Kabila, 3ème épouse de Laurent Kabila, président de la République Démocratique du Congo, assassiné en 2001, RD Congo, 25 % de 22 M$
  • Mrs. Sese-Seko, veuve du président Mobutu, dernier président du Zaïre (devenu République Démocratique du Congo), exilée à Abidjan, Côte d'Ivoire, un pourcentage non précisé de 100 M$

En cas d'accord du volontaire, il lui est demandé assez rapidement une importante somme d'argent afin de débloquer les montants à transférer. Par exemple, pour payer un avocat ou une taxe fiscale ou des frais de douane ou encore d'autres frais. A chaque étape, les escrocs vont réclamer davantage d'argent sous un prétexte quelconque, jusqu'à ce que les consommateurs se rendent compte de l'arnaque. Les sommes peuvent atteindre des montants élevés (au départ quelques centaines d'euros pour atteindre la centaine de milliers d'euros!) Un rendez-vous est alors fixé, souvent hors du pays d'origine de la victime, pour que l'escroc puisse s'emparer de cette somme nécessaire au déblocage des fonds. Après réception des fonds, l'escroc laisse là le volontaire et lui fait miroiter la remise de la commission lors d'un rendez-vous ultérieur....qui ne sera bien entendu jamais fixé.

Parfois, la demande concerne les coordonnées bancaires du consommateur car pour transférer la somme, il faut évidemment avoir le numéro de votre compte bancaire. Mais les escrocs en profitent pour récupérer une photocopie de votre passeport ou votre permis de conduire et, munis de ces informations, ils essayent de s'approprier les fonds du consommateur. Ainsi, un consommateur a reçu un contrat en bonne et due forme. L'objectif était de créer un compte sur lequel l'escroc pouvait non seulement déposer des fonds, mais aussi prélever ceux que le consommateur déposerait pour les frais. Inversant les choses, le consommateur a demandé une avance de 2.000 euros, payable à son nom, pour faire face aux frais d'établissement du compte et de préparation de la transaction. Il n'a jamais reçu de nouvelles...

En mars 2004, les autorités de police judiciaire ont arrêté un escroc de nationalité belge qui se faisait passer pour un homme d'affaires britannique et essayait de soustraire une somme d'argent (82.000 euros) à un pasteur allemand à qui il avait promis 35 millions d'euros de commission. Cette somme de 82.000 euros avait été réclamée au pasteur pour couvrir les soi-disant frais de l'opération.

Ce type d'arnaque existait déjà dans les années 80, à partir de fax ou de courriers, mais le mail permet d'en réduire le coût et de multiplier les prospects.