Pierre et Anne reçoivent une belle invitation à une journée d'excursion, comprenant toutes sortes d'activités intéressantes et le tout gratuit. Ils recevront également comme cadeau une bicyclette toute neuve car il s'avère comme par hasard qu'ils sont les grands gagnants d'une tombola. Et comme si cela ne suffisait pas, ils reçoivent également gratuitement un paquet de nourriture. Cependant, en échange de toutes ces offres "gratuites", on leur demande une contribution de 14,95 euros par personne. Ils se disent que ce n’est quand même rien par rapport à tous les cadeaux qu'ils recevront…
Ci-après suit la première partie de la lettre (qui en contient trois).

Cette technique est celle dite de l’appât ou de l’hameçon qui consiste à susciter l’attention des personnes. Il est possible qu’en donnant suite à l’invitation on reçoive quand même les cadeaux décrits dans le courrier. Si tel est le cas, il est fort probable que ces « cadeaux » soient de qualité médiocre par rapport à ce qu’on en attend. Pis, il se pourrait que l'obtention de ces "cadeaux" soit assujettie à certaines conditions qu’on découvrira une fois sur place. En écrivant "spécialement pour vous, nous avons composé un menu de choix délicieux", il n’est nullement repris que ce menu est gratuit ni sa composition.
Un signe qui trompe rarement : l’absence de coordonnées de la société ou de l’association. En effet, la lettre ne mentionne nulle part la manière dont on peut obtenir de plus amples informations, ni même un numéro de téléphone ni un site internet. Les publicités personnalisées ne peuvent être diffusées à une personne qu'en l'absence d'opposition manifeste du destinataire. De plus, il est interdit de dissimuler l'identité de l'entreprise pour laquelle la communication est faite. Cette lettre constitue donc une infraction à la loi!
Une fois sur les lieux de l’excursion, rare sont les consommateurs qui rebroussent chemin et les organisateurs déploieront leur talent pour convaincre les consommateurs à acheter leurs produits. Souvent, les consommateurs se sentent moralement obligés d'acheter quelque chose après avoir reçu autant de "cadeaux".
Il faut savoir que la loi stipule qu'un achat réalisé 'en dehors des locaux de l'entreprise' doit faire l'objet d'un contrat écrit où doit être repris toutes les données et coordonnées nécessaires tels le nom et l'adresse de l'entreprise, la date et le lieu de la conclusion du contrat, l'indication précise du bien ou du service, ainsi que ses caractéristiques principaux, le prix à payer, une clause de rétraction, ... Or, il n'est quasiment jamais question d'un tel contrat.
Dès que le consommateur paie pour les marchandises proposées, il se fait avoir car s’il existe bien un délai de réflexion lors d'achats en dehors des locaux de l'entreprise et à une garantie légale, ces protections disparaissent lorsqu'on se trouve face à des escrocs. La plupart du temps, le consommateur ne sait même pas avec qui il a traité et ne dispose pas de données relatives à l'achat ou aux vendeurs..
Lorsque vous recevez une telle invitation, il faut le signaler immédiatement à la Direction générale Contrôle et Médiation du SPF Economie. Cette autorité est compétente pour agir et pour veiller à ce que de telles arnaques cessent.